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Twitter bloqué en Turquie : Erdogan joue la carte de la censure

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Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan joue avec le feu en prenant la décision de bloquer le réseau social Twitter pour tenter de mettre fin aux publications d’enregistrements d’écoutes téléphoniques le mettant en cause dans une affaire de corruption. La révolte de la place Taksim qui a démarré au printemps dernier est encore fraîche. Les contestations ukrainiennes sont à deux pas. Il n’est pas bon en ces temps d’insoumission d’essayer de brider la liberté d’expression. Malgré cela la Turquie a choisi d’utiliser la carte de la censure pour faire taire l’opposition. Depuis le 20 mars au soir, les turcs n’ont plus accès à Twitter.

Recep Tayyip Erdogan avait prévenu : "Nous allons supprimer Twitter. Je me moque de ce que pourra dire la communauté internationale […]. Ils verront alors la force de la Turquie". À la veille des élections municipales qui se dérouleront le 30 mars prochain, le Premier ministre turc a décidé de mettre fin à la diffusion de conversations téléphoniques piratées le mettant en cause dans une affaire de corruption en bloquant ni plus ni moins Twitter, un des plus importants réseaux social.

Sur le site des télécoms turcs (TIB) on peut lire le texte des quatre décisions de justice exposant la décision officielle d’interdire « twitter.com », "une mesure de protection a été prise à l'égard du site twitter.com à la suite d'une décision du bureau du procureur général d'Istanbul".

Erdogan, Premier ministre de la Turquie depuis 2002 avait déjà menacé d’interdire Youtube et Facebook au début du mois. Il avait déclaré sur les plateaux télé turcs : "Nous sommes résolus à ne pas laisser le peuple turc être esclave de YouTube et Facebook, […] nous prendrons les mesures nécessaires, quelles qu'elles soient, y compris la fermeture".

Cette décision, comme prévu a été vivement dénoncée par la communauté internationale, la commissaire européenne en charge des Nouvelles technologies Neelis Kroes, in primis. La Turquie est déjà considérée par les ONG de défense des libertés comme un des pays les plus répressifs en matière de contrôle du Web.

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