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Polémique : Sarkozy flatte Bouygues et s'oppose à un quatrième opérateur de téléphonie mobile

Les récentes déclarations de Nicolas Sarkozy risquent de mettre à mal le processus d'attribution d'une quatrième licence de téléphonie mobile (UMTS) en France. L'ami Martin Bouygues se frotte les mains. Iliad (Free) accuse le coup.

Les tarifs des communications de téléphonie mobile en France sont les deuxièmes plus élevés d'Europe. Dans le même temps, le taux de pénétration des opérateurs ne s'élève qu'à 88% dans l'hexagone, contre 120% en moyenne dans l'UE.

On comprend ainsi que l'ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) estime que l'entrée d'un quatrième opérateur sur le marché français de la téléphonie mobile serait à même de "produire des effets positifs sur le marché de détail, en particulier en terme d'attractivité tarifaire et d'innovation dans les services".

Dès le lancement officiel de l'appel à candidature dans l'attribution de la quatrième licence UMTS (le 1er août 2009), Martin Bouygues, ami personnel du président de la République, a souhaité peser de tout son poids sur le processus : il trouve d'abord le prix de la quatrième licence trop bas (il passe alors de 206 à 240 millions d'euros par décision gouvernementale), puis il active son puissant réseau de lobbying.

Bouygues Telecom serait en effet l'opérateur le plus fragilisé par un nouveau venu, SFR et Orange étant plus solides et pouvant être de fait plus sereins.

Mais Nicolas Sarkozy n'est pas du genre à laisser tomber ses amis.
Et c'est sans doute ce culte de l'amitié qui l'a poussé à déclarer— alors qu'une question sur le malaise des producteurs de lait lui était posée— : "Je suis assez sceptique et réservé sur le choix d'un quatrième opérateur de téléphonie mobile (...). Le prix le plus bas n'est pas forcément le meilleur. Faut voir (sic) la qualité des postulants".

Or des postulants sérieux, il n'y en a qu'un : Iliad (holding de Free). Et ce candidat— le plus important— a déclaré vouloir diviser par deux la facture mobile des français. Un argument qui aurait dû avoir l'oreille du "président du pouvoir d'achat", s'il n'avait eu d'autres impératifs en tête.

Et maintenant, que va-t-il se passer ?

C'est officiellement l'ARCEP qui jugera de la qualité des offres des candidats, selon neuf critères pré-établis.
Mais, en coulisse, il se dit que l'Élysée pourrait s'arranger pour reporter la signature du décret de désignation du nouvel opérateur à l'été 2010, période à laquelle SFR, Orange et Bouygues ne seront plus tenus de fournir au nouveau venu une partie de leurs fréquences actuelles.

Dans cette perspective, l'attribution serait enterrée, aucune offre ne semblant pouvoir être alors économiquement tenable.

Nous ne sommes certainement pas au bout de ces affaires... à suivre.



Source photo : D. Manera (Flickr.com)

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